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8 novembre 2014 Commentaires (0) Vues: 2517 Article

Reportage photo : Kosovo

Et le Kosovo, il devient quoi? oui parce qu’avec tout ca, on en oublierait presque que le conflit qui fit rage dans les années 90 aboutit à ce qui est (avec la Palestine) probablement l’un des plus gros non lieux de la sacro sainte communauté internationale: un état n’étant reconnu que par 110 de ses pairs parmis lesquels les Etats-Unis (donc autant dire que c’est validé). Toutefois, le pays reste déstructuré, séparé entre une grande majorité albanaise musulmane (près de 90% selon les sources officielles de la CIA (rien que ça)) et des minorités emmenées par les serbes, chrétiens orthodoxes au nord. Une situation brumeuse que même Google semble avoir du mal à déméler: il suffit en effet d’observer la frontière en pointillets qui sépare le Kosovo de la Serbie sur Google Maps pour comprendre qu’on a bien là une zone grise de la géopolitique mondiale. Le Kosovo est déchiré de toute part et son histoire sue à travers les trous béants laissés par l’OTAN et les autres diktats.

C’est un peu cette histoire que Sylvain Bei essaie de nous retranscrire à travers cette superbe série de photos prise au cours d’un séjour de 3 semaines, au mois de juillet dernier. Un séjour décidé au dernier moment. Une place se libère dans une expédition du Secours Populaire et Sylvain saute sur l’occasion. On n’a pas tous les jours l’occasion de passer ses vacances de juillet à Vushtrri! La fraicheur et la simplicité du regard porté par Sylvain sur les gens, la situation, les lieux viennent peut-être de la soudaineté et de la spontanéité de ce voyage. Quoi qu’il en soit, il se retrouve à dormir dans les classes de l’école du coin (vides du fait des vacances scolaires) et à organiser un atelier photo avec les gamins locaux qui n’ont pas la chance de partir en vacances. Le reste du temps, il le passe à déambuler, seul dans les rues de Vushtrri ou de Mitrovicë son appareil au coup.

Premier constat un peu surprenant: la plupart des gamins et des jeunes locaux sont attirés par l’appareil photo et lui demandent de leur tailler le portrait…pour leur profil Facebook! Il s’avère que les jeunes sont accros à internet. Cela rend leur approche plus simple d’un côté mais place aussi le photographe dans quelques situations un peu chaudes. Sachant que le port d’arme est légal et que notre photographe aventurier se ballade seul avec un matériel couteux, il n’est pas vraiment question de de faire front face à l’ardeur des adolescents kosovars. Ces derniers sont parfois agressifs, armés de couteaux et en perte totale de repères identitaires. Ils signent comme les rappeurs West Coast qu’ils admirent et passent le plus clair de leur temps virtuel à accumuler les amis facebookiens. À défaut d’etre reconnu et de posséder les protection d’un état fort, il semble que le Kosovo subisse les assauts des produits culturels étrangers, en l’occurrence, américains (encore eux…). Le résultat est ce manque total de cadre et d’identité culturelle chez les jeunes et le phénomène a son importance étant donné qu’environ 65% de la population du Kosovo a moins de 30 ans.

Second constat: le pays et ses villes souffrent encore des affreuses séquelles de la guerre. A l’image de Mitrovicë qui est séparée en 2 et qui est en proie à des trafics en tout genres (voitures, armes, organes…). Des hélicoptères la survolent en permanence, rajoutant un peu d’huile sur le feu de cette ambiance sinistre. Deux cultures s’entrechoquent dans un décors post apocalyptique. D’un coté, les albanais, à majorité musulmans et traditionnels. De l’autre, les serbes et les occidentaux, présents depuis la fin de la guerre. La ville est un pont, un lien vivant entre des cultures, des peuples, des crimes. Elle est envahie par des hordes de chiens errants, des bêtes qui se sont retrouvées sans maitre après la guerre et qui ont fuit la ville pour se cacher et survivre dans les bois avoisinant. Ces pauvres bêtes se sont regroupées pour former des hordes qui prennent parfois la ville d’assaut. La police et des locaux s’occupent parfois de les abattre directement dans la rue, ce qui donne parfois lieu à des scènes étranges la nuit.

Toutefois, des sourires naissent malgré tout sur les visages. La beauté subsiste et l’humanité n’a pas quitté les yeux de ces gens. C’est en tout cas ce que montrent ces clichés.

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei
Reportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain BeiReportage photo Kosovo - Sylvain Bei

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei

Reportage photo Kosovo - Sylvain Bei

 

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