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Edito #6

Ceci n’est pas Michel Foucault

7 mars 2017 Commentaires (4) Vues: 969 Article

Le déclin des intellectuels

A voir les succès radiophoniques et youtubiques (mérités) de Pierre-Emmanuel Barré, de Nicole Ferroni ou de Guillaume Meurice sur l’internet, je me prends à rêver qu’il y a en nous, masse populaire, un réel besoin de vitalité intellectuelle et de renouveau. J’irai plus loin et je dirais même qu’il y a dans l’air, comme un parfum de révolte… mais son odeur enivrante demeure lointaine. Car nous vivons une époque qui rechigne à penser et se demande (à raison) à quoi servent les intellectuels, ces professionnels de la pensée dont la définition est plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut bien dire qu’à voir le paysage intello-bobo déployé avec moult fracas dans le poste de télévision et dans les médias de masse, force est de constater que ce qu’on veut bien nous faire bouffer n’a pas de saveur. De Zemmour à BHL, en passant par les fameux experts éclairés de la lumière sacrée que sont Attali, Lenglet et j’en passe (ils sont parfaitement interchangeables, peu importe leur nom ou leur matricule), le constat est amer : on se fait chier et on en viendrait presque à douter de la présence de connexions nerveuses dans les cerveaux français. Finis les temps jadis où la France était un des fers de lance de la pensée mondiale. Plus sérieusement, ce dégoût de ce qui nous est proposé depuis quelques décennies par l’intermédiaire d’appareils technologiques individuels participe à briser un lien social déjà bien entamé et pousse les individus dans un désarroi intellectuel profond.

Interrogeons-nous donc sur le déclin intellectuel français, et tentons tout d’abord d’en trouver une preuve en remontant à sa chaîne de production : notre prestigieuse Ecole Normale Supérieure. Créée en 1794 par nos bourgeois républicains et reprise ensuite par Napoléon, l’école Normale Sup est célèbre pour les esprits brillants qui y ont germé. Sa mission : “préparer, par une formation culturelle et scientifique de haut niveau, des élèves se destinant à la recherche scientifique fondamentale ou appliquée, à l’enseignement universitaire et dans les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), ainsi qu’à l’enseignement secondaire et, plus généralement, au service des administrations de l’État et des collectivités territoriales, de leurs établissements publics ou des entreprises”1. Lorsqu’on s’attarde un moment sur la liste de ses anciens pensionnaires, les noms de moult prix Nobel, médailles Fields, hommes politique ou penseurs de choix éclatent à nos yeux. Dès ses débuts, au XIXème, filtrent déjà les noms de Louis Pasteur, Jean Jaurès, Emile Durkheim, Romain Rolland, Charles Péguy ou encore Alain.

C’est en parcourant ainsi, de manière totalement arbitraire, la liste des anciens élèves de cette prestigieuse usine à intellectuel français que j’ai descellé un motif qui semble bien confirmer un déclin intellectuel national. Attention : rien de scientifique ou de très sérieux à tout cela bien sûr, mais la conclusion de cette étude d’une rare (im)précision sociologique était trop juteuse pour que je ne vous en partage pas les fruits empoisonnés. En effet, si l’on compare deux périodes significatives pour notre histoire récente, ce constat d’un déclin nous saute aux yeux. Par exemple, dans le cas de ces penseurs de l’absolu que sont nos starlettes télévisées actuelles (BHL, Finkielkraut et tant d’autres…), il nous faut remonter jusqu’aux années 60 pour les retrouver jeunes pubères à garnir les rangs de l’école de la rue d’Ulm. Dans le but d’observer la qualité du cru, en élargissant notre échantillon sur une période de 10 ans aux promotions Normale Sup partant de 1960 à 1969, parmi quelques personnalités intéressantes on retrouve pêle-mêle : Alain-Gérard Slama (1962), Alain Juppé (1964), Laurent Fabius (1966), avant d’arriver sur les deux années charnières de la décennie avec BHL, Pierre Manent et Gérard Miller en 1968, puis Alain Finkielkraut et Alexandre Adler pour l’année 1969. Il va de soi que se limiter à cette sélection subjective serait hasardeux et que des gens très bien sont sortis de la prestigieuse institution au même moment (je t’invite à aller voir par toi-même). Cependant, il est amusant de constater que toutes ces fines lames de la pensée actuelle, mises en avant par nos médias, sont passées par l’étape normalisatrice.

Maintenant, en remontant en 1968, alors que Bernard-Henry cire les bancs de l’école prestigieuse, c’est Jean-Paul Sartre qui fait figure d’intellectuel en vogue. Or Sartre est lui aussi passé par la case Normale Sup. C’était dans les années 20 cette fois. Si l’on effectue le même exercice pour cette décennie, le constat est légèrement différent. On retrouve là encore pêle-mêle Vladimir Jankélévitch (1922), Henri Guillemin (1923), puis la même année Raymond Aron, George Canguilhem, Paul Nizan et Jean-Paul Sartre (1924), Jean Hyppolite (1925), Maurice Merleau-Ponty (1926) ou encore Simone Weil (l’écrivaine pas la femme politique… faut pas pousser…) en 28. Passée la claque monumentale tant la différence de niveau est affligeante, il nous faut procéder à une analyse légère.

Le rôle de l’intellectuel et son historique

Mais avant cela, un rapide retour historique et une redéfinition s’imposent. Le terme “intellectuel” tel qu’entendu aujourd’hui apparaît en France au moment de l’affaire Dreyfus. Sous la harangue d’Emile Zola et de son J’accuse…!, l’expression prend de l’ampleur et commence à désigner les penseurs s’opposant au traitement infligé à Dreyfus en 1898. A la suite de cela, le mot “intellectuel” regroupe des penseurs engagés en faveur de causes à tendance populaire (le Front Populaire, lutte contre le fascisme, indépendance en Algérie…). L’intellectuel est donc un penseur qui s’insurge, qui se révolte avec plus ou moins de verve et d’honnêteté. Cette définition du rôle de l’intellectuel (qui part donc du XIXème avec Zola, passe par Sartre et finit par un mauvais BHL qui tente vainement de s’inscrire dans cette forme de tradition contestataire) marque un décalage important et encore vivace aujourd’hui qui s’opère déjà au moment de l’affaire Dreyfus entre politiciens et penseurs. En effet, un changement engagé plus tôt commence à prendre racine et à redéfinir la scène politique française : les politiciens tendent à devenir des technocrates, dénués d’une idéologie réelle. Le rôle de l’intellectuel est donc de s’opposer à cette réflexion froide et calculée des politiciens et de se faire le héraut d’un peuple délaissé et utilisé par ses élites à des fins peu avouables. Le J’accuse…! de Zola marque alors un tournant. Il permet de remettre un scandale quasiment oublié de tous sur le devant de la scène et de donner à l’affaire une dimension sociale et politique qu’elle n’avait pas jusqu’alors. L’intellectuel garde un œil sur les agissements des élites et tente de les dénoncer, de mettre en lumière ce qui est dans l’ombre dans l’intérêt du plus grand nombre, de la justice ou pire : de la vérité. Sartre le définira comme “quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas”. Ses outils sont la critique, la réflexion et la preuve. Toujours du fait que son point de départ est officiellement le J’accuse…! publié dans le journal l’Aurore, médias et communication tiennent un rôle prépondérant chez l’intellectuel comme nous allons le voir.

De par son côté fouineur et surtout contestataire, l’intellectuel eut tôt fait de se mettre tout le monde à dos et en particulier les élites et les classes dirigeantes. A la suite de la publication du J’accuse…!,  Zola est condamné à de la prison, calomnié par nombre de journaux et d’hommes douteux ce qui explique en partie que de nos jours, le terme ait si mauvaise presse. On associe un peu rapidement l’intellectuel à un homme de lettre, attaché à des principes et des valeurs abstraites. Pire, il y a en France, une fixation du culte de l’intellectuel à la littérature alors qu’il semblerait qu’ailleurs, un glissement se soit effectué vers les sciences (notamment dans la tradition nord-américaine où la lutte intellectuelle fait toujours rage entre les hommes de sciences et les religieux bigots et puritains qui considèrent encore que la théorie de l’évolution et les dinosaures sont un mythe). Mais revenons à nos vertes contrées et à ce fameux déclin.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’aversion populaire qui s’est développée envers les intellectuels et les hommes de lettre. Le premier est sans doute le fait d’une association un peu hâtive entre intellectuel et bourgeois. Il faut bien reconnaître que la plupart d’entre eux ne sont pas réellement issus des classes populaires2 et qu’il est donc parfois compliqué de discerner l’honnêteté ou la validité de leur intention. On pourrait dire en somme que cette opposition entre intellectuel contestataire et pouvoir en place peut parfois apparaître comme une sorte de farce sociale destinée nous à faire croire à une lutte idéologique réelle mais dont le but serait de maintenir la populace sous une certaine forme de docilité dans l’espoir permanent que ses intérêts sont bel et bien défendus. Mais s’appuyer sur ce genre d’analyse nous conduirait à omettre l’impact concret qu’ont eu certaines des luttes engagées par les intellectuels ou les renversements de rapports de force qu’elles ont pu provoquer. Un autre facteur semble plus pertinent et pourrait être lié à l’évolution de notre paysage médiatique.

Déclin-intellectuel-20s

Les médias

Car quand il n’est pas au premier rang d’une manif’, dans une salle de conférence ou pour les plus braves, à garnir les rangs d’un groupe révolutionnaire ou résistant, l’intellectuel est un homme médiatique. Comme nous l’avons vu avec Zola, il est, du fait de sa volonté, de sa nécessité de communiquer un message ou une idée, intimement lié aux médias. Et l’évolution de notre paysage médiatique pourrait nous forcer à observer les choses sous un autre angle : le problème ne vient peut-être pas réellement d’un déclin intellectuel mais plus d’une baisse de la qualité de la production soit disant “intellectuelle” mise en avant dans les médias.

Car en définitive, le changement le plus radical qu’il soit possible d’observer entre les deux tranches de tronches normaliennes exposées en début d’article, c’est bien l’apparition et la démocratisation de la télévision dans le paysage médiatique français (et mondial). En y réfléchissant bien, peu de bouleversements aussi conséquents sont à noter dans notre rapport à l’information et ce sur une durée aussi courte. La seule onde comparable pourrait être l’apparition et la démocratisation d’internet dans nos foyers, dont l’effet certain reste encore difficile à mesurer du fait de sa proximité temporelle (encore que nous y reviendrons). La télévision et sa démocratisation furent un véritable cataclysme pour la pensée et les intellectuels dignes de ce nom et ce pour plusieurs raisons.

La première est à la fois évidente et cachée : il s’agit du remplacement du verbe par l’image. Au départ, la télévision n’a pas encore saisi toute la force de l’image et son potentiel de divertissement. Les premières chaînes continuent de faire de la radio “imagée” pourrait-on dire. On assiste à des interviews interminables sur fond noir et les intellectuels n’ont pas encore déserté le medium car le verbe y tient encore une place de choix. Cependant, au fur et à mesure que la logique de divertissement pur en vient à primer sur ce nouveau support, que les formats d’émissions prennent forme et commencent à ressembler à ceux que nous connaissons aujourd’hui, que la publicité vient financer et encadrer la programmation télévisuelle (en 1968), un dilemme vient se poser aux intellectuels. Dans la nouvelle logique de divertissement et de déploiement médiatique, on a rendu le verbe sans saveur, impuissant ou trop peu comestible. Il n’est plus possible d’exposer de longues démonstrations puisque le but d’une émission a changé : il ne s’agit plus de s’informer mais de vendre du temps d’attention à Nescafé ou Carglass. La réflexion intellectuelle nécessite plus d’efforts et une réelle activité cérébrale (ce qui ne plait guère aux publicitaires) et par conséquent s’éloigne d’une logique de divertissement pure à laquelle la télévision semble désormais destinée.

Les intellectuels réalisent de plus en plus que le support ne se prête pas à une écoute attentive et ne leur permet pas de développer une réflexion digne de ce nom. La plupart d’entre eux commencent à fuir les plateaux tandis que l’industrie du divertissement évolue et voit dans la télévision l’occasion de promouvoir et de diffuser ses productions à une plus large audience. Apparaît alors un nouveau type de divertissement, une forme nouvelle d’émission prétendument subversive et intellectuelle mais qui n’est en réalité qu’une farce. Certains intellectuels français et étrangers se laissent attraper et participent à ces nouveaux formats animées par Bernard Pivot, Jean-Marie Cavada, Guillaume Durand, Michel Polac ou d’autres dans l’espoir de faire entendre une réflexion ou de vendre quelques livres (car là aussi, la logique a changé). Ces émissions vont avoir pour conséquence de redéfinir le rôle de l’intellectuel et de l’intégrer à une logique de divertissement purement marchande. On élimine petit à petit toute trace de vraie subversivité (mauvaise pour l’audimat et l’endormissement cérébral nécessaire à l’ingestion du message publicitaire) en remplaçant progressivement les intellectuels par des charlatans. Le problème, c’est qu’une grosse partie des vrais penseurs a voulu (par vanité ou pure honnêteté) participer, donner une chance à ces nouveaux formats et leur a de fait donné une légitimité. Plus important encore, au fur et à mesure des émissions, les penseurs se relaient tandis que les Pivot and Cie restent, s’octroyant ainsi un statut symbolique de juge, le statut de celui qui peut désormais désigner qui est intellectuel et qui ne l’est pas. L’intellectuel devient alors une appellation contrôlée par ces pontes médiatiques.

Ainsi, avec l’arrivée de la télé et d’animateurs type Pivot, a commencé à se faire dans l’esprit des téléspectateurs une séparation de qui était intellectuel et qui ne l’était pas. Une première conséquence de ce phénomène sur la définition de ce qu’est l’intellectuel apparaît alors rapidement : la démarcation entre intellectuel et homme politique s’efface petit à petit. C’est cette limite qui séparait les hérauts du peuples des technocrates que l’on fait disparaître lorsqu’on invite François Mitterrand ou Valéry Giscard d’Estaing à parler littérature au même titre qu’un Jacques Ellul, Charles Bukowski ou Vladimir Nabokov. Mais ce n’est pas tout. Alors qu’on a vu la majorité des vrais penseurs fuir les plateaux de télé (Bourdieu en tête encore récemment), des imposteurs ont pris la relève et ont embrassé la visibilité et les parts de marché qu’on leur accordait, s’adoubant ainsi de l’appellation nouvellement contrôlée d’intellectuel. Arrive alors toute une brochette de charlatans prêts à tout pour leur quart d’heure de gloire sur le petit écran.

Les escrocs

Il faut bien comprendre que ces changements ont été très progressifs, quasi imperceptibles et qu’ils ont pris du temps. Au fur et à mesure que les vrais penseurs, ceux qui bousculent les conventions et font avancer les choses, fuient les plateaux de télé, on les remplace par des intellos 2.0, redéfinis par nos médias et dont la capacité à susciter une activité dans notre boîte crânienne est plus que douteuse. Un tournant s’effectue en 1968 avec une révolte étudiante qui divise la société et les penseurs mais pas les médias qui la condamnent à l’unisson. Il est amusant de constater que cette affirmation idéologique de la part de nos médias coïncide avec l’arrivée de la publicité à la télévision et donc avec un changement de logique qui sera totalement assumé quelques années plus tard. Ainsi, à partir des années 70, on voit une génération de nouveaux intellectuels envahir les plateaux télé parmi lesquels on retrouve en tête, nos normaliens promus dans les années 60. Leur figure de proue est bien évidemment notre amateur de tarte à la crème préféré mais il est aussi accompagné d’une ribambelle de connards du même genre (Luc Ferry si tu nous regardes…). Leur rôle est de donner un coup de jeune à l’image d’intellectuel, mais aussi de lui impulser une dynamique néo-libérale dure. Cheveux au vent, ils vont venir simplifier, caricaturer, vulgariser le rôle de l’intellectuel et lui ajouter une touche libérale-libertaire du meilleur goût. Un peu artiste, un peu écrivain, un peu rêveur (s’éloignant ainsi de toute forme de rigueur intellectuelle…), ils façonnent une image plus édulcorée, plus divertissante de l’intellectuel bien plus adaptée au petit écran, et qui viendrait selon son humeur se mêler à la vie de la cité, s’engager quand il en ressent l’envie. C’est là l’image que tout le monde semble avoir en tête aujourd’hui. Celle du charlatan grandiloquent, détaché de tout, du bourgeois qui tente de faire bonne impression sur sa société mais qui en fin de compte n’est pas capable de se faire comprendre ou plutôt, parce qu’il part du principe qu’il est exceptionnellement intelligent, ne fait pas preuve d’assez de rigueur, de raisonnement et de ce fait, se trompe sur à peu près tout (un exemple marquant : Michel Foucault fit l’erreur d’accorder sa confiance à Alain Finkielkraut en lui donnant l’idée d’écrire un livre sur le rapport de certaines traditions de gauche à l’antisémitisme. La réaction de Foucault au livre publié est hilarante : “Je croyais qu’il allait se lancer dans une recherche sérieuse, et je vois arriver ça, ce petit truc bâclé ! […] Quand je pense que si c’était moi qui avait publié ça, Le Monde aurait dit : “Qu’est-ce que c’est que cette merde ?””3).

Une fracture s’est d’ores et déjà opérée. D’un côté, des nouveaux penseurs qui vont embrasser cette logique de simplification intellectuelle et de parts de marché, de l’autre, des intellectuels qui redéfinissent leur rôle en se dirigeant vers une spécialisation du savoir et une critique politique en inadéquation totale avec la logique de divertissement qui se met alors en place dans les médias. On le voit bien avec Foucault là encore (et son “intellectuel spécifique”4) puis avec Bourdieu (et son “intellectuel collectif”5). Ces derniers tentent ainsi de proposer une définition nouvelle de ce qu’est l’intellectuel à opposer à l’appellation contrôlée que nous imposent les médias de masse.

Plus important sans doute, il faut ajouter à cela un facteur sociologique crucial lorsqu’il s’agit d’analyser l’évolution du paysage intellectuel français et l’apparition de ces nouvelles figures grandiloquentes : une transformation de la production des diplômés a agi sur les champs de production intellectuelle. Bourdieu (toujours lui…) nous explique ainsi que “l’accroissement massif de l’accès à l’enseignement supérieur entre 1960 et 1980”6 est un facteur déterminant dans le changement qui s’opère alors dans la production et la marchandisation d’œuvres culturelles. Ainsi, en plus de la démocratisation de supports de masse comme la télévision, de l’apparition d’émissions à but commercial non-subversif, un public plus large est également là pour recevoir la bonne parole. “Cet accroissement de la production de diplômés agit sur la demande, sur la consommation, et elle agit aussi sur la production à travers l’accroissement du volume des producteurs”7. Le marché de la production intellectuelle devient plus compétitif et c’est pourquoi les médias n’ont aucun mal à pallier à la fuite (ou à l’exclusion) des esprits contestataires et critiques.

Vous l’avez compris, avec ce changement majeur, c’est non seulement la stratégie mais l’objectif de l’intellectuel médiatique qui a glissé. Il s’agit désormais de vendre, de faire du buzz et de s’approprier un maximum de parts de marché. Et pour ce faire, les émissions de Pivot vont jouer un rôle prépondérant. Cela dit, pour préserver l’attention du téléspectateur (là aussi, il est intéressant de constater qu’on est passé d’auditeur avec la radio, ou de lecteur, à simple spectateur… le degré d’implication et d’activité requis est légèrement différent), il va être nécessaire d’ajouter un peu de piment à la recette sans saveur de ces émissions depuis que la subversivité a disparue. Elles vont remplacer cette dernière par la polémique. Histoire que la farce présente quelque aspect de divertissement guignolesque, il est nécessaire de donner un semblant d’opposition, de diversité idéologique, un petit choc intellectuel facile dont le but est de faire réagir et non pas réfléchir. Les nouveaux “intellectuels” sont donc des polémistes qui tentent d’apporter des sujets marquants, qui font du buzz dans le débat publico-médiatique. Ils sont devenus des individus médiatiques dont la fonction n’est plus de proposer un raisonnement, une réflexion ou une prise d’action mais bien de vendre du papier ou d’en faire vendre (on le voit particulièrement avec un Onfray dont la productivité annuelle est assez remarquable…). La logique du divertissement a intégré la pensée critique dans le but d’en faire un produit qui se vend et lui a imposé ainsi de devenir beaucoup plus facile à digérer. Il s’agit alors de s’adresser à la masse non pas dans un souci de compréhension mais bien dans une logique commerciale (celle de plaire au plus grand nombre) reniant l’intérêt même de la pensée et du travail critique.

Déclin-intellectuel-60s

Des technocrates aux experts

L’une des conséquences de ce changement va être la disparition d’un des principes fondateurs de la fonction d’intellectuel. Si dans un premier temps, leur rôle était de s’opposer au côté technocrate des politiciens et de réintégrer un aspect idéologique fondamental au discours politique, les nouveaux intellos charlatans et leur mono-pensée néo-libérale vont parvenir à gommer cet aspect pour justement ouvrir la voie aux technocrates.

Le libéralisme fermement ancré dans la réflexion sociale, ce ne sont plus la philosophie (stigmatisée notamment par BHL et les autres philosophes auto-proclamés), la sociologie ou les sciences humaines en général qui vont venir abreuver le discours dominant mais bien l’économie et son lot d’experts farfelus. En France c’est lui, l’expert, qui a repris ce rôle de héraut, de repère de la pensée, ce spécialiste “garant de l’objectivité et de la dépolitisation de l’information”8. Or ces derniers sont au mieux des charlatans comme Lenglet (cet “expert” en économie est en réalité titulaire d’une maîtrise de lettre et de philosophie et a commencé sa carrière comme prof de lettres modernes… non pas que ce soit un réel problème en soit mais il est bon de garder en tête qu’il est formé en économie comme ma grand-mère) ou au pire en conflit d’intérêt permanent (Attali, etc…). On est revenu à une vision technicienne, souvent erronée (car non contestée) et qui s’exprime au travers d’un verbe technique dont le but n’est pas d’être compris du commun des mortels, mais plus de lui donner le sentiment qu’il est entre de bonnes mains, que sa contribution n’est pas nécessaire, qu’il peut se rendormir tranquille.

Ajouté à cela, un manque de vision qui a eu pour effet de remplacer l’espoir dans lequel on faisait baigner la populace par un défaitisme qui pourrait à terme la pousser dans ses retranchements (tant vers le fascisme que la révolte populaire) : “L’intellectuel critique a toujours été basé sur un modèle du futur […], c’est-à-dire critiquer les modes existants à l’aide des valeurs de demain. Avec la décomposition complète du communisme, avec la décomposition de cette alternative maoïste […] nous vivons dans un monde de plus en plus pessimiste qui manque de modèles de futur”9. On voit les répercussion d’un tel manque de vision quand par exemple Sarkozy s’inspire de Finkielkraut et Zemmour avec son mythe de “nos ancêtres les gaulois”, où on assiste à un retour vers “des intellectuels qui, au lieu de rêver une utopie de demain, construisent une utopie du passé”10.

Critique idéologique

Le fond du problème pourrait donc bien s’avérer être idéologique puisque plus rien aujourd’hui dans les médias de masse n’est là pour remettre sur le tapis l’évidence même. Pour tous, le libéralisme et ses logiques sont des acquis sur lesquels il n’est nul besoin de revenir. Les remettre en cause revient à être immédiatement qualifié de communiste (stalinien sinon c’est pas drôle) comme si aucune autre alternative n’avait existé ou existait encore ; mais plus important cela revient à ignorer que le libéralisme n’est qu’une doctrine vieille de 250 ans et qu’elle a organisé autour d’elle tout un culte religieux, une sorte de Dieu qu’on ne nomme pas, mais qui est présent et qui régit notre monde. Les technocrates, les experts et les intellos charlatans se font les chantres de cette religion moderne et s’offusquent, se dressent voire deviennent extrêmement agressif (Attali si tu nous regardes…) sitôt que quelqu’un tente de remettre leur Dieu au cœur du débat. Et la conséquence de cette mono-pensée, c’est bien sûr un déclin évident de tout ce qui touche à la production intellectuelle puisqu’il n’est plus question d’être critique.

Une autre répercussion de ce diktat de la pensée, c’est qu’on a établi une séparation importante entre ceux qui pensent et ceux qui travaillent. En associant perpétuellement la pensée intellectuelle au domaine universitaire ou à celui des loisirs, on l’a déconnectée de son attache sociale et sociétale et on a fait en sorte qu’elle ne soit plus dédiée qu’à des experts dont la fonction est de décider de ces choses là. L’industrie du divertissement et de la pensée moderne a donc accentué la séparation de classes puisqu’en définitive, la pensée appartient globalement à l’élite bourgeoise et que le travail reste destiné aux masses. Du fait de la pensée communiste alors en vogue mais peut-être plus encore des conséquences de la 2nde guerre mondiale et du pouvoir placé dans les mains de la résistance, les intellectuels normaliens des années 20 n’avaient pas rompu ce lien entre eux et les travailleurs. Pire, certains s’étaient même mis dans l’idée de le renforcer (avec pour conséquence notamment, la création du Centre Universitaire de Vincenne en 1969).

Le résultat de cette coupure nette qui semble opposer aujourd’hui l’élite bien-pensante à la masse désabusée, c’est la résurgence d’une contre-pensée subversive. Là encore, il est amusant d’observer le rôle majeur joué par le vecteur médiatique puisque ce n’est plus à la télévision qu’on voit s’exprimer ces nouveaux intellectuels subversifs mais plus par le biais d’internet ou mieux, de l’art. C’est par un mélange des deux qu’on a vu naître le mouvement Nuit Debout (parti plus ou moins du film de François Ruffin Merci patron!). Celui-ci a tenté de ramener les intellectuels et la pensée critique, subversive sur le devant de la scène. Le mouvement avait bien sûr ses failles mais il est amusant de noter qu’il a été rapidement descendu en flèche par l’intelligentsia en place et par les médias, en témoigne cette tentative de déviation de l’opinion orchestrée par nul autre que monsieur Finkielfraut. La boucle est donc bouclée.

Il semble donc qu’un mouvement nouveau a commencé à prendre forme et à redonner vie à une vraie subversivité. De quoi nous donner un peu d’espoir. Cela dit, la route est encore longue tant l’emprise du capitalisme sur le sens commun est grande. Il est bon alors, devant ces intellectuels et experts auto-proclamés de se rappeler au bon souvenir de tonton René : “Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent”11.

Illustration : J.Bardaman

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Références

  1. Ecole normale supérieure (Paris)Wikipedia
  2. Si l’on voulait être plus précis (ce n’est pas mon cas, je suis parti sur un autre sujet d’étude et je vous invite à effectuer une recherche vous-même sur le sujet), il y aurait une étude sociologique intéressante à faire sur la proportion de boursiers et l’évolution de leur nombre au cours des ans dans les grandes écoles type Normale Sup. On constaterait sûrement un vrai changement de politique d’aide à l’accès à l’éducation supérieure entre les années 20 et 60… à vérifier donc
  3. Didier Eribon, Michel FoucaultChamps Biographies, 1989, p.617
  4. “Les intellectuels ont pris l’habitude de travailler non pas dans l’universel, l’exemplaire, le juste-et-le-vrai-pour-tous, mais dans des secteurs déterminés, en des points précis où les situaient soit leurs conditions de travail, soit leurs conditions de vie (le logement, l’hôpital, l’asile, le laboratoire, l’université, les rapports familiaux ou sexuels). Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. Et ils ont rencontré là des problèmes qui étaient spécifiques, non universels, différents souvent de ceux du prolétariat ou des masses. Et cependant, ils s’en sont rapprochés, je crois pour deux raisons : parce qu’il s’agissait de luttes réelles, matérielles, quotidiennes, et parce qu’ils rencontraient souvent, mais dans une autre forme, le même adversaire que le prolétariat, la paysannerie ou les masses (les multinationales, l’appareil judiciaire et policier, la spéculation immobilière) ; c’est ce que j’appellerais l’intellectuel spécifique par opposition à l’intellectuel universel.” – Michel Foucault, Dits et écrits II, 1976-1988, Gallimard, 2001
  5. “Nombre de travaux historiques ont montré le rôle qu’ont joué les think tanks dans la production et l’imposition de l’idéologie néolibérale qui gouverne aujourd’hui le monde ; aux productions de ces think tanks conservateurs, groupements d’experts appointés par les puissants, nous devons opposer les productions de réseaux critiques, rassemblant des « intellectuels spécifiques » (au sens de Foucault) dans un véritable intellectuel collectif capable de définir lui-même les objets et les fins de sa réflexion et de son action, bref autonome. Cet intellectuel collectif peut et doit remplir d’abord des fonctions négatives, critiques, en travaillant à produire et à disséminer des instruments de défense contre la domination symbolique qui s’arme aujourd’hui, le plus souvent, de l’autorité de la science ; fort de la compétence et de l’autorité du collectif réuni, il peut soumettre le discours dominant à une critique logique qui s’en prend notamment au lexique (« mondialisation », « flexibilité », etc.), mais aussi à l’argumentation (…) ; il peut aussi le soumettre à une critique sociologique, qui prolonge la première, en mettant à jour les déterminants qui pèsent sur les producteurs du discours dominant (à commencer par les journalistes, économiques notamment) et sur leurs produits ; il peut enfin opposer une critique proprement scientifique à l’autorité à prétention scientifique des experts, surtout économiques. Mais il peut aussi remplir une fonction positive, en contribuant à un travail collectif d’invention politique. L’effondrement des régimes de type soviétique et l’affaiblissement des partis communistes dans la plupart des nations (…) ont libéré la pensée critique. Mais la doxa néolibérale a rempli toute la place laissée ainsi vacante et la pensée critique s’est réfugiée dans le « petit monde » académique, où elle s’enchante elle-même d’elle-même, sans être en mesure d’inquiéter qui que ce soit en quoi que ce soit. Toute la pensée politique critique est donc à reconstruire, et elle ne peut pas être l’œuvre d’un seul, maître à penser livré aux seules ressources de sa pensée singulière, ou porte-parole autorisé par un groupe ou une institution pour porter la parole supposée des gens sans parole. C’est là que l’intellectuel collectif peut jouer son rôle, irremplaçable, en contribuant à créer les conditions sociales d’une production collective d’utopies réalistes.” – Pierre Bourdieu, Contre-Feux 2, Raisons d’agir, 2001
  6. Pierre Bourdieu, Manet, une révolution symboliqueEditions Point, 2016, p.247
  7. Pierre Bourdieu, Manet, une révolution symboliqueEditions Point, 2016, p.248
  8. Les nouveaux chiens de garde, Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, 2012
  9. Schlomo Sand dans La fin de l’intellectuel français, Jean-Bernard Andro, 2016
  10. Schlomo Sand dans La fin de l’intellectuel français, Jean-Bernard Andro, 2016
  11. René Descartes, Discours de la méthode, 1637

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4 Commentaires - Le déclin des intellectuels

  1. greg dit :

    Super article Joris, un bien triste constat mais très lucide. Cependant j’ai tendance a être pessimiste et me dire qu’au même titre que pour l’art on a les intellectuels qu’on mérite, on donne de la merde au peuple qui non seulement s’en contente mais en redemande. Tout est nivelé par le bas et cela risque de ne pas s’arranger, les escrocs sont au pouvoir donc les pseudo penseurs qui les accompagnent aussi, comme les pseudo medias… merci pour ce bon moment en tout cas, j’ai bien rigolé aussi.

    • Joris Joris dit :

      Merci Greg ! Je ne partage pas ton pessimisme mais je comprends ton désarroi ! Cela dit, tant au niveau de l’art que des productions intellectuelles, il y a énormément de choses encourageantes qui sont faites un peu partout, en résistance à tout ce que tu décris. On en partage régulièrement ici d’ailleurs 😉

  2. Tryo dit :

    Belle analyse, c’est clair que le rôle du système télévisuel est énorme, surtout depuis que la logique financière de la publicité a pris le pas sur la fonction de service publique, ce qui a eu pour conséquent un boom du divertissement. Le déclin intellectuel de ce qui est proposé à la TV est indiscutable, tout comme l’effet de ce contenu sur le déclin cognitif des populations exposées (https://www.youtube.com/watch?v=NvMNf0Po1wY).

    Sur ton principal propos, je ne suis pas sûr que les intellectuels d’aujourd’hui soient réellement d’un niveau inférieur à ceux d’avant. Je pense par exemple à Onfray, qui a quand-même un niveau sympa, qui n’est pas libéral et qu’on voit régulièrement à la TV. Mais c’est clair que les intellectuels qu’on voit à la TV, on les voit de plus en plus dans le but de faire la promotion de leur bouquin, avant de vouloir élever le niveau des gens. La logique financière a pris le pas sur la TV. Heureusement il continue à y avoir quelques résistants type Frédéric Taddei, qui invitent des intellectuels uniquement pour ce qu’ils vont amener à un débat thématique. Ils sont souvent de bords très divers et d’un niveau bien supérieur à ce que l’on voit habituellement à la TV (CSOJ, hier aujrd’hui demain). Pas mal d’émissions intéressantes sur France culture aussi genre “du grain à moudre”, mais à la télé c’est assez rare.

    Pour moi, le problème dans la baisse ressentie du niveau intellectuels dans notre société, c’est avant tout que le journalisme qui est de plus en plus un journalisme d’opinion, exercé par des grandes gueules et éditorialistes (typiquement Brunet, FO Gisbert) qui véhiculent leur propre opinion au lieu de relayer les opinions de réels intellectuels. De plus , ils sont sélectionnés par les patrons de médias pour diffuser les opinions uniquement compatibles avec le libéralisme économique. Cela aboutit à une baisse du pluralisme idéologique dangereux pour la démocratie. Et c’est exactement la même chose pour les pseudo-experts, notamment économique type Langlet comme tu le décris, ou divers experts très souvent liés à des think-tank qui sont bien souvent des lobbies déguisés, financés par des industriels. A noter une initiative sympa pour y voir plus clair dans les think-tank plus ou moins opaques : http://label.thinktanks.eu

    Pour ajouter une remarque positive, c’est clair qu’un mouvement intellectuel est en train d’émerger. Tu as cité Merci Patron et Nuit debout. Mais ça déborde de partout, et je pense qu’en grande partie cela est lié aux possibilités ouvertes par internet : horizontalité de l’expression, outils de création et de diffusion en masse d’information, bien plus puissants que la TV. Sur internet se constituent de nouveaux médias indépendants (Mediapart, Arrêt sur images), de nouvelles communautés intellectuelles (Thinkerview), des citoyens non-journalistes proposent eux-mêmes des JT (Fil d’actu), des articles de blog (Poppers-mag.fr ! 😉 ), des chaines Youtube toutes plus intéressantes les unes que les autres (Stagirite, Usul2000, Osons Causer, Dirty Biology, e-penser, Hygiène mentale). Ca déborde de partout et c’est très bien comme ça. 🙂

    • Joris Joris dit :

      Ecoute merci pour ces remarques et ces suggestions !

      Tout d’abord, comme je le dis dans l’article, il est certain que nous pouvons encore trouver des intellectuels dignes de ce nom (Ruffin, Lordon, Friot pour ne citer qu’eux…), mais on ne les verra pas ou peu à la télé. J’avais déjà rédigé un article sur quelques penseurs intéressants et peu médiatisés ici –> http://poppers-mag.fr/petit-guide-du-revolutionnaire-les-nouveaux-penseurs/

      Concernant Onfray par contre, je ne suis pas vraiment d’accord. Le bougre chie plus de 5 livres par ans (à voir dans le lien en surbrillance à côté de son nom dans l’article) et je doute qu’ils soient tous de qualité. Par ailleurs, je t’invite à te renseigner sur son université soit disant “populaire” et sur ses liens avec le monde des médias (à lire en entier pour bien tout comprendre –> https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110615/la-petite-usine-de-michel-onfray ). Après ça ne veut pas dire qu’il ne lui arrive pas de dire des choses intéressantes de temps à autre ! Simplement, je le classerais malgré tout parmi les intellos charlatans dont je parlais.

      Enfin, pour ce qui est d’Usul, d’Osons Causer etc… on est bien sûr friands de leurs analyses ici ! Je trouve qu’ils font un travail assez dingue et qu’ils parviennent à créer un espace intéressant dans la conversation.

      Encore merci pour ces remarques 🙂

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