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Forest Man

Reportage photo : Kosovo

7 novembre 2014 Commentaires (5) Vues: 10094 Article

Top 10 Pianistes de Jazz

Le piano et le jazz, c’est mon dada. C’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans la quête absurde (mais ô combien importante!!) d’établir un classement totalement arbitraire répondant tout de même aux normes de l’Union Européenne et du FMI (le must de la norme applicable) et de te livrer les 10 plus grands pianistes jazz de tous les temps. Rien que ça. Alors oui, ce classement risque de frustrer le connaisseur qui n’y retrouvera pas son poulain. Mais sache qu’il a été établi selon des critères très précis et très simples: influence sur l’histoire de la musique et du jazz, technique pianistique et mon goût personnel (qui l’emporte naturellement sur tous les autres).  Autant dire que ça va jazzer…

Herbie Hancock - JBardaman10- Herbie Hancock

Comme il le dit lui même, Herbie Hancock est un enfant, un explorateur, un curieux. En constante quête de sons nouveaux et de fraîcheur, il lui est arrivé ainsi de côtoyer le meilleur comme le moins bon, voire le pire. Il est très vite repéré par Miles Davis au début des années 60. Le trompettiste cherche alors à se réinventer au travers de jeunes musiciens talentueux et comme toujours, il y parviendra en montant un quintet qui a marqué l’histoire du jazz. Hancock fait donc ses armes aux côtés de Miles et de Wayne Shorter avant de se lancer seul. Sa personnalité et sa curiosité encouragées par Miles l’amènent à approcher les instruments électriques très tôt. Les résultats sont inégaux. On a des choses très étranges et expérimentales, influencées par le Bitches Brew de Miles Davis, des gros succès commerciaux avec Headhunter ou Rock It, ou des albums qui ont inspiré des générations entières de compositeurs de musiques pour films de boules (Magic Windows par exemple)… Bref, Herbie n’est pas là pour se contenter de répéter les hits, quitte à merder de temps à autres. Aujourd’hui encore, il continue d’osciller et de chercher inlassablement. Preuve en est: récemment, il faisait chanter Christina Aguilera sur un enregistrement avant de consacrer un album entier à des reprises de Joni Mitchell.

Chick Corea - JBardaman9- Chick Corea

Nuque longue, cheveux courts devant; mi-chicanos, mi-américain; mais surtout cette keytare, mi-clavier mi-guitare. Chick Corea est l’emblème du jazz des années 70-80. Mais si le kitsch ne connait aucune limite avec lui, la fusion et la création du groupe Return To Forever lui auront permis de trouver une place de choix parmi ses confrères. En effet, Corea est l’une des têtes de proue des formations jazz-fusion et tirait la bourre à l’époque aux groupes de Frank Zappa ou de Jaco Pastorius. Mélangeant rock, jazz mais aussi musique latino, le genre plaçait l’utilisation du synthétiseur en haute estime, ce qui lui donne cette texture si particulière. Avant cela, Corea fut le remplaçant d’Herbie Hancock dans la formation de Miles Davis et participe notamment aux sessions d’enregistrement de Bitches Brew. On le retrouve plus tard enregistrant des concertos de Mozart ou collaborant avec le génial Bobby McFerrin. Bref, on a là encore un explorateur qui aura connu plus ou moins de réussite dans ces pérégrinations. Je reste pour ma part très fan de Return To Forever que j’ai pu admirer lors de leur re-formation, il y a deux ou trois ans.

Chucho Valdez - JBardaman8- Chucho Valdés

Difficile de passer après un père aussi grand que Bebo Valdés. Certains ont vécu toute leur vie à l’ombre des accomplissements colossaux d’un père. Je pense à David Halliday notamment, mais je ne sais trop pourquoi… Quoi qu’il en soit, la relation qui unit Chucho et son père Bebo reste très belle. Car Chucho a su s’éloigner très tôt des sentiers battus par son patriarche. S’il commence dans l’orchestre de Bebo, à Cuba, Chucho laisse vite tomber le jazz pour s’intéresser à la musique cubaine pure. Rapidement, il comprend le potentiel de cette musique et sa capacité à se fondre dans d’autres styles. Avec l’arrivée des années 70 et des instruments électriques, Chucho se doit d’expérimenter s’il veut un jour briller de lui même. Entouré de musiciens géniaux de la trempe de Paquito D’Rivera, Chucho crée son propre groupe: Irakere. Mélangeant funk, rock, musique cubaine et africaine mais aussi jazz, le groupe de Chucho crée un son nouveau : l’afro-cubain. Son but avéré: faire danser et créer un pont entre la musique dansante et la musique d’écoute. Mêlant donc jazz mais aussi musique cubaine classique à l’ensemble, Chucho et son groupe décollent rapidement pour Newport notamment où il effectueront un concert de près de 3h, exceptionnel. Le temps passe et le pianiste cubain est toujours là. Sa performance il y a quelques temps au Jazz des 5 Continents de Marseille force à constater que Chucho Valdés est un cran au dessus, tout simplement…

McCoy Tyner - JBardaman7- McCoy Tyner

McCoy Tyner c’est l’ampleur pianistique. Le natif de Philadelphie a la chance de naître au bon endroit, au bon moment. En effet, non loin de chez lui traîne un certain Bud Powell qui va grandement l’influencer. Mais c’est surtout sa rencontre avec un autre génie du jazz qui va marquer un tournant dans sa carrière. À la fin de l’année 1960, Tyner devient le pianiste établi de la formation de John Coltrane et ça, ça n’a pas de prix! Coltrane est alors au sommet de son art. McCoy Tyner participera aux enregistrements du mystique A Love Supreme ou du Live at the Village Vanguard. Pendant les années Coltrane, Tyner va offrir le support idéal au déploiement des idées du saxophoniste. Son jeu modal et large autorise toutes les folies verticales géniales de John Coltrane. Après 5 ans passés avec le saxophoniste, Tyner s’en va faire ses armes avec d’autres grands du jazz (Lee Morgan, Wayne Shorter, ou Freddie Hubard pour ne citer qu’eux) et enregistre également sous son nom. Comme Hancock ou Corea qu’il a grandement influencé, il est un explorateur musical, allant toujours plus loin. C’est d’ailleurs ce côté de lui qui aura sans doute poussé Coltrane dans sa quête. Tyner c’est le pianiste du mystique et du voyage spirituel, l’acolyte idéal d’un Coltrane au firmament.

Michel Petrucciani - JBardaman6- Michel Petrucciani

Si la France compte bon nombre de musiciens jazz reconnus et admirés, aucun n’atteint le génie de Michel Petrucciani.  Petrucciani c’est près de 20 ans de carrière pour une courte vie de 36 ans. Atteint d’ostéogenèse imparfaite (la maladie des os de verre), la carrière de Michel va être définie malgré lui par cette irrégularité physique. Privé d’école, il va se développer chez lui comme il le peut en jetant son dévolu sur le piano après avoir vu le Duke jouer à la télévision. Travailleur forcené, Petrucciani ne croit pas au génie. Les heures passées à bûcher le classique et le jazz lui permettent rapidement de développer un style très particulier. Boulimique de travail et de musique, Michel s’inspire de tous les sons qu’il rencontre et apprivoise un instrument monstrueux face à sa corpulence réduite. Avec le temps sa musique se teinte de couleurs brésiliennes ou africaines qui viennent s’ajouter à son style proche du classique et son oreille définitivement jazz. Lancé aux States par le saxophoniste Charles Loyd, il sera vite remarqué par les plus grands et sera amené à jouer avec Marcus Miller, Wayne Shorter, Jim Hall ou encore Dizzy Gillespie. Mais Petrucciani n’a jamais été aussi bon que lorsqu’il était seul face à la bête pianistique. Animé par une volonté incroyable, il finissait souvent les concerts en morceaux, fracturé aux côtes, aux omoplates ou aux doigts. Mais rien ne transparaissait durant la performance. La douleur semblait même le faire marteler les notes d’ivoire toujours plus fort. Petrucciani sera le premier artiste non américain à signer sur le label mythique Blue Note.

Oscar Peterson - JBardaman5- Oscar Peterson

Le puriste jazz que tu es vas surement me taxer d’incompétent, et il n’aurait pas tort, le sagouin. Mais je ne peux pas ne pas introduire Oscar Peterson à ce classement. En dépit des critiques, qui jugent du haut de leur perchoir de bienseillance qu’Oscar confond vitesse et précipitation, qu’il n’est qu’un erzat insipide d’Art Tatum, qu’il ne s’est jamais remis en question, je me dois pourtant (et je me remercie de la fleur que je me fais) de faire une place de choix au pianiste montréalais. Oui, Oscar est rapide et en met de partout. Mais prenez un peu de perspective et contemplez donc l’oeuvre dans son ensemble. Le groove, l’énergie, la légèreté qui en ressortent sont tout bonnement incroyables. Car l’intelligence de Peterson se situe à ce niveau. Toute sa jeunesse, il a couru derrière son modèle: Art Tatum. Mais si le montréalais s’est imprégné de ce style, il l’a également retravaillé à sa sauce. D’aucun diront qu’il l’a simplifié et ce n’est pas faux. Mais c’est également de cette simplification que vient la réussite de Peterson. Sa légèreté musicale qui contraste avec la complexité de Tatum ou Powell, donne une autre dimension à ce jeu virtuose. Cette simplicité se manifeste à nouveau dans la formation de prédilection de Peterson: le trio. Elle lui permettra de donner libre court à son jeu parfois chargé mais également d’accueillir d’occasionnels sidemen d’un calibre hors norme: de Lester Young à Roy Hargrove en passant par Stan Getz, Gerry Mulligan et j’en passe. Tous passent sous la houlette d’un style carré et inchangé au cours des ans. Oscar Peterson n’était pas un explorateur musical comme l’ont pu l’être certains de ses corrélégionaires ici présents, mais il a  su rendre son style de jeu impérissable.

Bill Evans - JBardaman4- Bill Evans

Le seul vrai blanc du classement! Son influence sur le jazz fut immense. Si on laisse de côté tout sens de la virtuosité ici, c’est parce que le génie d’Evans est ailleurs. Il réside dans la palette de couleurs employées par le pianiste. Bill Evans est le premier jazzman impressionniste. Il apporte sa culture et son éducation classique aux génies blues de Miles Davis ou John Coltrane. Il en résulte bien sûr un enregistrement de légende (Kind of Blue en 59) mais aussi ce qui en découle ensuite et dont Evans sera le fer de lance: le jazz modal. Avec lui, Evans et ces acolytes ouvrent une nouvelle porte dans l’improvisation et la musique moderne. Le jazz franchi un nouveau palier. Finit le bebop et ses envolées rocambolesques. Evans est pour un retour à la simplicité et à l’émotions plus vraie. Une naïveté se dégage de son style et de sa philosophie qui vont amener le jazz à s’ouvrir à un public plus large mais également à s’intégrer et se mélanger à d’autres styles. Evans est un des rares musiciens blancs de l’époque à avoir réellement saisi la beauté et l’importance du jazz dans la culture américaine. Un des rares à avoir réellement apporté sa pierre à l’édifice d’un phénomène culturel noir, qui prend ses racines en Afrique et dans l’esclavage. Bill Evans a intégré les harmonies classiques de Ravel ou De Bussy dans le blues noir américain sans en retirer l’essence, la substance et la force de création.

Bud Powell - JBardaman3- Bud Powell

L’histoire de Bud Powell est une tragédie sans fin. Pourtant, tout commence plutôt bien. Powell est, avec Monk, LE pianiste de l’ère bebop. Il joue avec les plus grands et notamment Charlie Parker. Le talent de Bud rend Parker si fou qu’il s’en prend parfois à lui physiquement tant il supporte mal qu’on lui fasse de l’ombre. Selon la légende, sa descente aux enfers commence après un concert dans l’un des mythiques clubs de jazz de New York. Alors que le boui boui en question a fermé ses portes et que les musiciens remballent, Monk en profite pour fumer un joint. Une brigade de police entre à ce moment là et commence à s’en prendre au pianiste. Bud Powell tente de s’interposer et reçoit un coup violent qui lui fend le crane. À partir de là, Bud n’est plus le même homme. En proie à de violentes migraines, il se voit conduit à l’asile plusieurs fois pour des séances d’électrochocs à faire frire un condamné à mort. À sa sortie, rien ne sera plus pareil. Bud est gavé de médocs et n’est plus à même d’exprimer son génie sur un clavier. Il choisit de migrer pour l’Europe. Il disparaît plus ou moins de la circulation, part pour Paris où il est martyrisé par une mauvaise femme qui l’enfermait, le battait et le droguait pour qu’il continue de jouer sur les scènes de St Germain afin d’alimenter son compte en banque. Il est alors sauvé et pris en charge par un français, Francis Paudras, qui mettra plusieurs années à le requinquer avant qu’il ne disparaisse définitivement. Le talent de Bud Powell était tel, que les plus grands la fermaient devant lui. Un soir par exemple, alors que Powell est sur scène, Art Tatum, alias Dieu, entre et assiste au concert. À la fin du premier set, il souligne que la main gauche de Bud est plutôt lourde et faiblarde. Hors de lui, Powell s’entaille volontairement la main gauche pour le second set et démontre toute la virtuosité de sa main gauche. Tatum en reste coi. Parfois, Dieu lui-même est contraint de la fermer…

Thelonious Monk2- Thelonious Monk

Monk est un être à part. Réellement à part. En fait, si l’on devait considérer le monde en 2 parties, il y aurait Monk d’un côté, et tous les autres en face. Pour la musique c’est un peu la même rengaine. Là où les musiciens de toutes sortes jouent des notes, des sons et tentent de les arranger ensemble de manière cohérente et jolie, Monk choisi de s’intéresser au silence, à tous ces espaces qui n’existent qu’entre les notes. Il taille le silence tel un Michellange d’ébène, et l’organise en cathédrale géante à la manière d’un grand architecte. Quand le jazz devient mélodique, Monk est rythmique. Quand les bopers harmonisent, Monk brise le son. C’est bien simple, il est si imprévisible que lorsqu’il accompagne Miles Davis, celui-ci le somme de ne pas jouer en même temps que lui tant la science du pianiste le dépasse. Pourtant, Thelonious n’a rien d’un virtuose comme Bud Powell avec qui il entretenait une relation étroite et incompréhensible du commun des mortels. Quand il joue, les notes s’entrechoquent parfois brillamment et ne semblent pas être le fait d’une réflexion au préalable. C’est qu’en réalité, Monk a dépassé le stade de la virtuosité et de la technique. Il est dans l’expression pure. Sans lui, Coltrane ne serait jamais devenu celui qu’il fut. Pas de Bebop non plus. Il fait ses débuts studio avec Coleman Hawkins avant de rapidement devenir une référence. Ses compositions deviennent des standards instantanés et son style bouleverse tout. Mais Monk n’est pas un chercheur de tendance ou de sons. Il est en mission. Il continuera de pousser les choses toujours plus loin, jusqu’à se couper du monde, Zarathoustra de banlieue. Monk fait partie de ces illuminés célestes qui ont réellement entrevu quelque chose de plus grand et s’en sont approchés… peut-être d’un peu trop près.

Art Tatum1- Art Tatum

Que dire d’Art Tatum sinon qu’il est difficile d’établir une description exhaustive de Dieu. Oui, pour la plupart, Art Tatum, c’était Dieu personnifié. Oubliez Jesus, Moïse et consors. Lorsque Tatum était au piano, plus aucun pianiste au monde n’osait clamer quoi que ce soit. Même Fats Waller s’inclinait. Ils la fermaient tous devant la virtuosité et le génie de ce jeu. Tatum va très vite, mais sa musique va bien au delà de quelques facilités techniques. Le jeu de Tatum est un véritable bulldozer pianistique. Il détruit tout sur son passage. Le rythme est éclaté en une multitude de notes, la mélodie aussi et tout est restitué et reconsitué sous une forme nouvelle, plus logique, plus complète. La première fois que le père d’Oscar Peterson joue un disque de Tatum sur la platine, son fils, déjà jeune prodige du piano lui demande qui sont ces deux pianistes qui jouent en même temps. Preuve de son génie (si la musique ne suffit pas, mais elle suffit amplement), même Vladimir Horowitz, pianiste classique blanc, s’inclinait devant le sens pianistique de Tatum. Sans lui, le piano jazz n’aurait pas été le même. Mais la guitare non plus. Les Paul souhaitait devenir pianiste avant d’entendre Tatum jouer et de finalement choisir la guitare. Ce dernier fait partie de la longue liste des artistes lucides qui ont compris qu’ils n’apporteraient jamais rien de plus que Tatum à la musique et au piano.

Affiches en série limitée (30×40) disponibles pour 15€ par mail : info@poppers-mag.fr

Mockup-Affiche-1-BEMockup-Affiche-1-TMMockup-Affiche-1-HHIllustration: J.Bardaman

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5 Commentaires - Top 10 Pianistes de Jazz

  1. ZIADI dit :

    Coucou Joris,

    et Georges Gershwin, bon c’était symphonique, mais quand même qu’est-ce que tu en penses? Porgy and Bess ?
    et Léonard Bernstein? West Side Story, Tous deux de grands pianistes et de grands créateurs
    Bon j m’y connais pas du tout en jazz ,je dis juste ça comme ça.
    En tous les cas félicitations pour ton blog , il est rafraichissant, intelligent, j’aime le style, le phrasé est bien arraché comme j’aime, urbain, l’engagement pour de vrais sujets ,je fais tourner l’info à mes copains choristes.
    Au fait ,à quand un article sur Quincy Jones ,et The RAT PACK ????
    BRAVO ,t’es en place!
    Biz

    Mamia ,une fan de jazz qui n’y connais rien!

  2. Pierre Maurer dit :

    Hello, Joris!

    Tu te doutais bien entendu que ton classement susciterait des commentaires. Il y a une affaire de goût personnel dans un choix de ce genre, bien sûr, mais aussi de connaissance et de justice.

    Or tu aurais fait preuve non seulement d’incompétence, mais aussi d’ignorance ou de partialité si tu avais omis Oscar Peterson de ta liste. Et ma remarque est validée par les avis des mieux placés pour le juger: les autres pianistes! Art Tatum, Dave Brubeck, Ramsey Lewis, Michel Petrucciani, Count Basie, Bill Evans, Monty Alexander, Chick Corea, Herbie Hancock, Duke Ellington (“Oscar Peterson est le Maharadjah du jazz” – Maharadjah signifie “roi des rois”) et bien d’autres l’ont tous cité comme un objet d’admiration et / ou une influence majeure dans leur style.
    Il est simplement l’un des fondateurs du piano-jazz moderne. On entend chez chaque pianiste de jazz actuel un peu d’Oscar Peterson et un peu de Bill Evans: tous deux ont porté cette musique géniale au niveau des Bach, Beethoven, Liszt, Chopin, Ravel.
    Le fait qu’un artiste ait connu le succès mondial de son vivant ou qu’il n’ait pas été touché par des problèmes de drogue ne veut pas dire qu’il est mauvais; le fait qu’il injecte joie, gaieté, swing, dynamisme, beauté, grâce, virtuosité dans son jeu ne signifie pas qu’il est fade. Si l’on écoute bien ses albums solo comme “Tracks”, ou ses balades dès les années 70, on s’aperçoit aussi de sa profondeur et de sa mélancolie (“Django” par exemple).

    Amicalement,
    Pierre Maurer

    • Joris Joris dit :

      Bonjour Pierre,

      Votre commentaire me ravit! Je dois bien vous avouer que j’ai toujours eu une affection toute particulière pour le jeux enjoué d’Oscar Peterson, affection que je pensais peut-être démeusurée par rapport à son influence réelle sur les autres pianistes mais me voilà rassuré. Il est difficile de s’adonner à ce genre d’exercice périlleux, ces tops 10, basés avant tout sur des préférences, des goûts personnels. Mais le jeu devient intéressant lorsqu’il permet de confronter des avis et les idées. Merci de votre intervention donc!

      A bientôt!

  3. Baptiste dit :

    Bonjour Joris,

    Cela fait plusieurs années que je vis Jazz.
    Je ne suis pas sûr que l’on puisse faire un classement de ces pianistes.
    (Je trouve d’ailleurs qu’il manque Ahmad Jamal ici, et je retirerais Herbie Hancock)

    Certains sont plus liés les uns que les autres, et, si j’avais à choisir, je ne garderais que Michel Petrucciani, Bill Evans, et Oscar Peterson.

    Et, selon moi, en tant que pianiste et amoureux de l’instrument, le plus grand moment de choc et de fascination musicale que j’ai pu connaître, et de loin, c’était avec Michel Petrucciani et son album au théâtre des Champs Elysées.
    Jamais je n’ai pu ni réécouter une telle énergie associée à une telle finesse (rythmique, mélodique, harmonique, romantique) ni ressentir une telle émotion qu’à la découverte de ce CD.
    Je trouve ses compositions splendides (Night sun in Blois, Rachid, Hidden Joy, etc.) et ses interprétations de standards extraordinaires (Take the A train, Autumn leaves, etc.)

    De plus, sa vie, son charisme, son énergie, son drôle de regard, communiquent et transmettent immédiatement une philosophie qui se prête merveilleusement bien au Jazz.

    Bien sûr, il adorait et adulait Oscar Peterson et Bill Evans et cela se ressent dans son jeu.

    Vous l’aurez compris, il me fascine (un peu).

    Ainsi, je mettrais donc Michel Petrucciani en première position !

    • Joris Joris dit :

      Salut Baptiste,

      Ecoute merci de ton commentaire. Je dois t’avouer que j’ai également un faible pour Petrucciani , à la fois sa musique et le personnage comme tu dis. Puis je suis du sud tout comme lui ce qui n’enlève rien. Je me permets de te recommander le visionnage (voire l’achat) de ce documentaire absolument génial sur le petit Michel: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19238858&cfilm=192825.html

      Pour ce qui est du classement, je reconnais bien évidement que ce format vise plus à titiller qu’à réellement affirmer une hiérarchie parmi des artistes tous plus géniaux les uns que les autres… simplement, Tatum est au dessus et c’est pas moi qui le dit! –> https://www.youtube.com/watch?v=YAeT3Dr74Ys

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